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Déclaration: stages non rémunérés: les institutions doivent mettre un terme à cette « tradition » honteuse

février 23, 2017

Stages non rémunérés: les  institutions doivent mettre un terme à cette  “tradition” honteuse !

La déclaration de la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure  (SEAE) faite suite à la recommandation par l’Ombudsman de l’UE selon laquelle le SEAE doit rémunérer ses stagiaires a provoqué la colère des organisations de stagiaires et de jeunesse à travers le monde. 

L’Ombudsman de l’UE, dans sa décision du 15 février  2017 a indiqué que la pratique du SEAE de ne pas rémunérer ses stagiaires dans les délégations étrangères enfreint la valeur fondamentale de l’égalité de l’UE. Dans un point de presse  en réaction à cette recommandation, la porte-parole du SEAE Maya Kocijančič, a commenté que « les stages non rémunérés n’ont pas été inventés par nous. C’est une tradition pour plusieurs organisations internationales comme les Nations Unies. » 

Les organisations signataires, oeuvrant toutes à la défense des droits des jeunes et des stagiaires trouvent la justification de Mlle Kocijančič’s choquante et déplorable.

Aucune “tradition”, quelle que soit l’étendue de son champ d’application, ne peut être justifiée lorsqu’elle a un impact négatif sur l’égalité des chances de milliers de personnes et qu’elle renforce un système de privilège. Le fait de tenter de défendre une mauvaise pratique en s’appuyant sur l’existence de mauvaises pratiques similaires ne fait que renforcer le cercle vicieux de discrimination que créent les stages non rémunérés.

L’UE se vante d’être une championne des droits humains. En tentant de justifier les stages non rémunérés d’une telle façon, le SEAE contredit honteusement les valeurs mêmes qu’il promeut à travers le monde. Les droits des travailleurs sont des droits humains, quelle que soit la « tradition » avalisée. Les stages non rémunérés, comme argumenté par l’Ombudsman, élargissent les inégalités sociales et économiques car elles constituent une discrimination pour les jeunes qui ne disposent pas de revenus suffisants pour couvrir leurs frais de subsistance.

Le lundi 20 février, des milliers de stagiaires et de jeunes professionnels ont manifesté dans le cadre de la première Grève mondiale des Stagiaires, une journée internationale d’action contre les stages non rémunérés. Il est grand temps à présent que les institutions qui défendent les droits humains et promeuvent l’égalité mettent ce qu’elles prêchent en pratique. Les organisations sous-signées demandent au SEAE de montrer l’exemple, et d’entreprendre les démarches nécessaires pour respecter la recommandation de l’Ombudsman sans délai pour mettre un terme à cette pratique discriminatoire et rompre la « tradition » une fois pour toutes.

Luis Alvarado, Président du Forum européen de la Jeunesse : 

“Les droits humains n’ont jamais progressé en se rapportant à une tradition. Des institutions comme le Service européen pour l’Action extérieure qui se prétendent des leaders mondiaux doivent se reprendre. Cette réponse est scandaleuse. On ne peut pas promouvoir les droits humains dans le monde et ne pas respecter les droits de ses propres travailleurs, en qualifiant toute violation de « tradition ».

Déclaration soutenue par :

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FairInternship Initiative
Global Intern Coalition
Brussels Interns NGO(BINGO)


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