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3 idées pour célébrer le pouvoir du travail de jeunesse

04. 12. 2020

L'année dernière, lors d'une conférence bondée de jeunes et de responsables politiques, un Ministre chargé des questions de jeunesse a confondu le travail jeunesse avec l'emploi des jeunes en répondant à une question du public. Une erreur honnête dira-t-on. Et ce n'était pas si grave. Pourtant, cela a immédiatement provoqué des réflexions - est-ce que suffisamment de gens, mis à part ceux qui sont directement impliqués dans le travail jeunesse, savent réellement de quoi il s'agit ? 

La dernière décennie aura permis au travail de jeunesse de faire quelques percées sur la scène européenne. Suite à une requête pour une politique commune émise par la Convention européenne sur le travail de jeunesse en 2015, la Recommandation du Conseil de l'Europe sur le travail de jeunesse était adoptée par le Comité des Ministres deux ans plus tard.  Il s'agissait d'une grande victoire pour l'ensemble du secteur de la jeunesse, mais pas la seule victoire politique de cette décennie. Bien qu'au beau milieu d'une pandémie, cette semaine, les Ministres de la jeunesse de l'UE ont adopté une résolution du Conseil relative à l'établissement d'un programme de travail européen sur l'animation socio-éducative, proposée par la Présidence allemande. 

A présent que les deux bastions politiques de la politique de jeunesse en Europe se sont engagés à soutenir le renforcement du rôle du travail de jeunesse en Europe, inutile de dire que les attentes de toutes les parties prenantes, y compris des organisations de jeunesse, sont grandes. 

Après une décennie de mise en place, nous sommes parés pour une décennies d'actions. 

La semaine prochaine, des animateurs socio-éducatifs, des experts, des responsables politiques et des chercheurs vont se réunir dans le cadre de la troisième Convention européenne du travail de jeunesse, organisée en ligne cette fois, pour discuter des démarches à entreprendre. En attendant les résultats de cette importante Convention, revenons-en à la question de savoir si le travail de jeunesse obtient la visibilité et le crédit qu'il mérite. 

La réponse est plus que probablement non. Très souvent, l'impact positif du travail de jeunesse sur la société passe inaperçu. Les expériences, connaissances et compétences acquises dans des parcours moins conventionnels et non linéaires, y compris le travail de jeunesse, sont toujours sous-évaluées et minimisées. Les dépenses pour la jeunesse et l'éducation font souvent l'objet de coupes sous les mesures d'austérité. Il est temps de renverser la tendance ! 

Voici 3 idées pour mettre le travail de jeunesse en Europe sous les projecteurs et pour révéler son pouvoir positif sur les jeunes. 
  1. Parler du travail de jeunesse en préparant les efforts nationaux de relance

Les services et activités de jeunesse ont été durement touchés si pas mis complètement à l'arrêt à cause du coronavirus. Cet espace sûr où les jeunes pouvaient apprendre de leurs pairs et socialiser n'était plus disponible. Majoritairement financés par l'Etat, ces activités et ce soutien aux organisations tombent souvent sous les mesures d'austérité lorsque les dépenses publiques font l'objet de coupes, comme l'a démontré la crise de 2008. Alors que l'Union européenne dans son entièreté appelle son train de mesures de relance “Next Generation EU”, il est grand temps de placer les jeunes, les services et les activités de travail jeunesse sur l'écran radar au moment de façonner les plans nationaux de relance. Peut-être que la Convention européenne sur le travail de jeunesse de la semaine prochaine pourra servir d'espace plus que nécessaire pour former une voix commune et garantir que les jeunes générations soient entendues. 

  1. Organiser une Journée du Mouvement associatif, comme le fait la Flandre en Belgique  

Une journée pour célébrer le Mouvement associatif ne laisse personne sur le côté! Dans les rues, dans les écoles, au travail et à la télé, tout le monde peut entendre et sentir le pouvoir des activités volontaires et du travail de jeunesse. En Flandre, cela se passe toujours un vendredi, la semaine avant les vacances d'automne. C'est une célébration du mouvement associatif et de toutes les activités offertes aux jeunes tout au long de l'année. Peut-être qu'un jour l'Union européenne et la Commissaire chargée de la jeunesse  annonceront également une année européenne du travail de jeunesse. Ou peut-être que cela sera une initiative commune du Conseil de l'Europe et de l'UE.  

  1. Etablir un Prix national du travail de jeunesse, comme en Ecosse

Le prix national du Travail de Jeunesse en Ecosse, organisé par YouthLink Scotland, célèbre les aboutissements et projets de travail jeunesse et d'animateurs socio-éducatifs dans différentes catégories : travail de jeunesse communautaire, arts et créativités, environnement et conservation etc. C'est un moyen ludique et stimulant de célébrer, reconnaître et remercier le travail réalisé avec les jeunes. On peut également s'inspirer de l'initiative d'une organisation européenne de la jeunesse, Youth for Exchange and Understanding (YEU) - qui décerne le YEU Youth Worker Award et permet ainsi aux animateurs socio-éducatifs de bénéficier de la reconnaissance qu'ils méritent pour tout le travail qu'ils accomplissent. 

Nous espérons voir fleurir beaucoup plus d'initiatives de ce genre aux niveaux local, régional, national et européen suite à l'établissement du tout récent programme de travail européen sur l'animation socio-éducative. 

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