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[BLOG] Arrêtons de traiter les migrants comme une question de sécurité

20. 06. 2018

par Carina Autengruber

 twitter @CAutengruber 

Lorsque Donald Trump menait campagne et promettait de mettre à exécution sa menace de construire un mur, j'ai entendu beaucoup de mes amis européens dire qu'une chose pareille n'arriverait jamais ici. Pourtant, pas besoin d'un mur long de 1.600 km pour repousser les gens. En cette Journée mondiale des réfugiés, je veux vous faire comprendre que le mur est déjà là - il n'est simplement pas comme vous vous l'imaginez.  

Jusqu'à présent, les dirigeants européens ont traité la question de la migration comme une question de sécurité, renforçant les discours selon lesquels les réfugiés représentent une menace imminente. Il est temps que les dirigeants européens arrêtent de succomber à la tentation du populisme. J'en ai assez de voir les décideurs alimenter les discours xénophobes et la crainte des populations étrangères. Avons-nous oublié notre devise : unis dans la diversité ?  Pourquoi investissons-nous dans la sécurité alors que nous pourrions le faire dans l'inclusion? 

Pourquoi investir dans la sécurité alors que nous pourrions investir dans l'inclusion ? 

Les jeunes déplacés doivent pouvoir trouver un espace sécurisé et accueillant. Ils doivent être inclus dans chaque segment de la société; de l'éducation au travail, à la santé, aux services sociaux jusqu'aux processus décisionnels. Il est tragique qu'aujourd'hui il faille rappeler ce fait élémentaire aux gens : tous les réfugiés, toutes les personnes déplacées et tous les migrants méritent le respect de leurs droits humains. Ils méritent TOUS d'être traités avec dignité. 

Alors que nos dirigeants politiques marchent toujours à tâtons sur cette question de vie et de mort, une fois de plus les jeunes ouvrent la voie. Rien de surprenant. Même si parfois il semble que nos voix soient en minorité dans tout ce tohu-bohu qui entoure la question de la migration, je suis fière de faire partie de cette génération qui est extrêmement empathique. D'après une étude du Forum économique mondial, 72,6% des personnes de 18 à 35 ans accueillent des réfugiés dans leurs pays. 

72,6% des personnes de 18 à 35 ans seraient prêtes à accueillir des réfugiés dans leurs pays. 

Depuis que des gens viennent frapper aux portes de l'Europe, les jeunes et les organisations de jeunesse ont été les premiers à intervenir pour réellement accueillir et soutenir les réfugiés. Les organisations de jeunesse jouent un rôle considérable dans le processus d'intégration des migrants, elles les ont réunis, ont partagé des compétences essentielles, ont collaboré sur des projets communautaires, etc. Bien que cette bonne nouvelle ne fasse pas toujours les gros titres, le travail qu'accomplissent les jeunes volontaires et militants apporte indubitablement une différence inestimable.  

Cette année, le Forum européen de la Jeunesse s'est associé au HCNUR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, pour lancer le Fonds européen pour les initiatives européennes. Ce fond veut mobiliser les jeunes, responsabiliser les jeunes déplacés, promouvoir la protection et l'intégration. Les premiers projets financés ont déjà commencé à travers toute l'Europe. D'après les premiers aperçus, je peux vous dire que c'est magnifique de voir ce que des jeunes ont réalisé ensemble. Je suis convaincue que ces initiatives locales permettront d'insuffler un changement positif en Europe. 

Mais il y a tant de choses à faire et tellement de moyens différents d'agir. 

Les organisations de jeunesse tentent de responsabiliser de plus en plus de jeunes réfugiés et de jeunes migrants.

Les organisations de  jeunesse tentent de responsabiliser un nombre de plus en plus important de jeunes réfugiés et migrants, mais elles doivent aussi veiller à ne pas reproduire les mêmes barrières structurelles qui les empêchent de devenir des citoyens actifs. Le Réseau Migration et Droits humains du Forum européen de la Jeunesse a créé une liste de contrôle (comprehensive checklist) qui encourage les organisations de jeunesse à être ouvertes et accueillantes vis-à-vis des jeunes déplacés et des jeunes migrants.

Au bout du compte, si nous mettons nos différences de côté et que nous travaillons ensemble pour un avenir durable, nous pourrons aussi rompre ce mur de la peur. 

 

Lire la déclaration du Réseau Migration et droits humains à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés.

A propos de Carina Autengruber, Vice-Président du Forum européen de la Jeunesse

Carina Autengruber a milité dans le mouvement Jeunesse et Nature d'Autriche (ÖNJ) et le mouvement paroissial catholique de la jeunesse (Jungschar) depuis ses dix ans. Lors de son premier échange international en 2008 avec le Service Civil International (SCI) elle a découvert sa passion pour le travail international de la jeunesse et les affaires européennes. Depuis lors, Carina a participé à de nombreux programmes d'échange et elle a vécu au Luxembourg, au Portugal, en Afrique du Sud, en Belgique et en Allemagne. De 2014 à 2016 elle était la déléguée européenne de la jeunesse autrichienne du Conseil national de la Jeunesse d'Autriche (ÖJV).

Carina suit actuellement une maîtrise en sciences politiques, études de développement et études du genre à l'Université de Vienne. En plus de cela, elle travaille pour une consultance où elle est chargée de la gestion des données.

Carina est aussi une féministe passionnée et milite auprès de nombreuses initiatives en faveur des droits des femmes. 

 

 

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