[BLOG] La vie en plastique est-elle si fantastique ?

par Stephanie Beecroft

 twitter @Steph_Beecroft

Je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais mes réseaux sociaux ont récemment été inondés d'articles, de postes et de vidéos à propos du plastique. Oui, du plastique. Ce n'est peut-être pas aussi surprenant finalement lorsque l'on pense qu'il n'y a pas si longtemps, la Journée mondiale de l'environnement le 5 juin, voulait combattre la pollution plastique, et juste une semaine plus tôt, l'Union européenne faisait une proposition d'interdire certains produits en plastique à usage unique dans le cadre de son action en faveur d'une économie circulaire. Des produits en plastique à usage unique ? Des produits comme les pailles, les gobelets et les couverts en plastique, et aussi les emballages tout à fait superflus dans lesquels les supermarchés vendent les bananes par exemple. Des choses qui sont produites à partir de nos ressources naturelles, destinées à être utilisées une fois seulement, et qui terminent fréquemment leur parcours dans nos océans. 

Pour être honnête, hier soir on m'a servi une boisson avec une paille en plastique, et cette fois je n'ai pas pensé dire "je n'ai pas besoin de paille, merci". Or, si la proposition de la Commission progresse, un jour je n'aurai plus besoin de dire "je n'ai pas besoin de paille" parce que les entreprises ne proposeront plus de pailles en plastique. Il est évident que le fait d'interdire certains produits en plastique à usage unique ne résoudra pas tous les problèmes du monde. En tant que politique isolée, elle ne résoudra même pas les problèmes de la surexploitation des ressources, des quantités massives de déchets, ou de la pollution de nos océans, mais elle pourrait quand même être une démarche importante. 

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Bien qu'il soit probable qu'elles aient un cycle de vie plus long que la version à usage unique, bon nombre des choses que nous utilisons au quotidien ont également été fabriquées en plastique : notre brosse à dents, notre carte de banque, le boîtier du chargeur de notre gsm, nos lunettes de soleil et aussi ces T-shirts et sweatshirts en polyester, nylon ou acrylique rangés dans notre garde-robe.

Il faut que nous commencions tous à nous encombrer de moins de choses. 

Le plastique est partout, et pourtant on en fait très peu pour gérer les résidus plastiques une fois que les produits sont jetés. Un pourcentage énorme de 91% de plastique n'est pas recyclé et 79% de résidus plastiques languissent dans les décharges ou parsèment notre environnement naturel, sur terre ou dans la mer. 

Le plastique est-il la seule raison pour laquelle notre planète est confrontée à la destruction causée par l'homme? Certainement pas. Toutefois, en tant que matériau fabriqué à partir de combustibles fossiles dont une quantité plus que considérable jonche nos sols et pollue nos océans, il est indubitablement coupable. Il existe pourtant des alternatives; des options sans plastique, mais elles sont souvent plus difficiles à trouver ou coûtent bien plus cher.

Le problème n'est pas seulement le plastique. Notre histoire d'amour avec le plastique est le symptôme d'un problème plus vaste et plus systémique de production non durable et de surconsommation. 

Ne plus utiliser de pailles en plastique est une chose. Prendre la décision de ne plus acheter de nouveaux vêtements dernier cri, le dernier gadget ou cette photo pour illuminer notre appartement, choisir de ne pas prendre l'avion pour parcourir le monde pendant nos vacances, ou abandonner notre voiture - ce sont là des choix qui peuvent être bien plus difficiles à faire dans notre culture consumériste actuelle. Prendre le temps de réparer nos vieux vêtements, réparer notre vieux grille-pain ou trouver quelqu'un qui pourra nous prêter les outils dont nous avons besoin pour le faire s'avère difficile dans l'environnement effréné de ce monde de plus en plus connecté. 

Peut-être connaissez-vous la règle des 3R : réduire, réutiliser, recycler. Et et si on en faisait encore plus et qu'on se mettait à fonctionner dans un système qui réduit, réutilise, répare, réutilise, recycle ? 

Nous devons crier un peu plus fort pour persuader les gouvernements de changer les règles du jeu. 

Dans un monde où il s'avère moins onéreux et moins difficile d'acheter une nouvelle imprimante que de réparer celle que l'on possède déjà, la route à parcourir est encore longue. Mais comme nous l'ont dit les réalisateurs du film Demain – partout dans le monde des solutions existent déjà. Les jeunes sont là qui co-créent des solutions et les communiquent à tous vents - nous devons crier un peu plus fort pour persuader les gouvernements de changer les règles du jeu pour que ces solutions puissent prospérer. 

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La semaine dernière j'étais à Dublin pour un débat "Youth Up Europe" (pour une Europe plus conviviale vis-à-vis des jeunes),  qui associait la jeunesse, le développement durable et les élections européennes de l'année prochaine. J'ai demandé aux participants de lever la main s'ils avaient décidé de réduire ou d'abandonner quelque chose pour adopter un mode de vie plus durable, et j'ai pu observer une myriade de mains levées. Quasi chaque personne dans cette salle avait opéré un changement dans ses habitudes de consommation, espérant contribuer ainsi modestement à mettre le monde sur une voie plus durable. 

Ce qu'il faut, c'est que tout le monde s'engage à consommer moins. Pour que la production et la consommation durables deviennent une réalité à travers l'Europe, les gouvernements, les entreprises et les individus doivent s'engager en faveur du changement. 

Pour changer la donne, nous devons reconnaître que notre mode de vie actuel en Europe n'est pas durable, et changer nos habitudes pour faire la différence. Pour les gouvernements, cela implique d'imposer des restrictions sur les pratiques non durables et veiller à ce que le poids du choix ne repose pas toujours sur le consommateur. Pour les jeunes, cela implique de montrer l'exemple et d'inciter les gouvernements et les entreprises à en faire davantage. Pour changer la donne, nous devons raconter des histoires positives sur les bienfaits de la suffisance. 

Nous ne pouvons pas laisser notre histoire d'amour avec le plastique détruire la planète. Notre propre quête d'accomplissement ne doit pas laisser les futures générations de jeunes sans espoir. Il est temps de chercher des alternatives. Il est temps de dire "assez". 

 

Cet article fait partie d'une série sur certaines des choses qui doivent changer pour aboutir à un avenir durable et le rôle des jeunes dans ce processus. 

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